|
Et puisque Canne sabre il y a, pourquoi pas Canne comme fusil ou
comme lorgnette car le Directoire est la grande époque de la lorgnette.
Ou encore les Cannes éventails et Cannes face-à-main, la Canne
stiletto, ce dard qui s'éjecte brutalement d'un pommeau anodin et fait
reculer le malandrin.
Mais aussi et moins belliqueuse, la Canne flûte, qui nous
vient d'Autriche. Chacun s'en donne à coeur joie en petites inventions
qui ravissent les originaux par les surprises qu'elles réservent. Des
Oh! Des Ah! d'admiration qui valent bien le prix qu'il faut les payer.
|
 |
| |
|
Canne lorgnette d'Incroyable, torsadée en bois
tourné. |
|
 |
| |
|
Lorgnette
en ivoire montée sur une grande canne d'incroyable |
|
Ainsi les lorgnettes ne se dissimulaient pas seulement dans les
éventails; on les introduisit même dans des béquilles d'or,
d'écaille ou de porcelaine de Saxe qui couronnaient les manches des
cannes et des ombrelles nous apprend l'historien H.R. d'Allemagne (Paris, Grund
Editeur, 1930).
A partir du Directoire, les lorgnettes vont connaître une
grande vogue. La Canne d'incroyable se voulait d'une grande originalité.
Certains y ajouteront la lorgnette. Incroyables et merveilleuses les
utiliseront avec l'excès qui les caractérise. |
| |
|
"L'on retrouve de grosses lorgnettes montées sur des
cannes d'incroyables qui étaient volontairement volumineuses."
"Ces lorgnettes étaient montées sur des joncs dont
la longueur correspondait à la hauteur d'une personne assise, faisant
ainsi face à l'oeil curieux de son possesseur. Lorsque les cannes furent
interdites dans les salles de spectacle, les lorgnettes furent habilement
fixées sur des pommeaux démontables que l'on pouvait employer
dans la salle après avoir pris soin de confier la canne au
vestiaire." |
 |
| |
|
La même canne, lorgnette
démontée. |
|
| |
C'est ainsi que Catherine Dike, dans son livre "Les cannes à
système, un monde fabuleux et méconnu", raconte ainsi cet usage.
Elle ajoute aussi:
"Les cannes lorgnettes étaient surtout utilisées dans les
salles de spectacle où il était admis que toute personne de
qualité "lorgnait" beaucoup plus les spectateurs que les acteurs.
|