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Il faut que celui
qui ne sait pas maîtriser la plume ou la réthorique maîtrise le rabot, le
couteau, j'entends par là le couteau outil. S'il ne sais pas écrire, façonner
le verbe, il doit graver, sculpter, façonner la matière, lui imprimer sa marque
durablement, en employant la simplicité. Et la simplicité de moyen pour l'humble,
c'est le couteau qui est toujours plié au fond de la poche, et la branche au bord du
chemin.
C'est pourquoi la
Canne dite d'Art Populaire est pour moi la synthèse de l'expression sincère,
spontanée, car en même temps qu'elle est l'oeuvre de la main de l'homme, elle est
aussi le support de son imagination, elle est la matière maîtrisée par
l'esprit, modelée par la main.
La Canne
d'expression naïve est plus qu'un simple bâton de marche, c'est ma confidente à
qui, devant le feu du soir, on raconte en la sculptant de la pointe du couteau, ses joies et ses
misères, ses espoirs aussi.
C'est la
présence qui rassure la faible. C'est l'exutoire qui, parfois, sous des sculptures
érotiques ou grivoises "écoute" le cri du solitaire. |