Canne et érotisme |
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La canne se porte beauà la cour de Louis XIIILa canne n'est véritablement mise à la mode qu'à la cour de Louis XIII. Alexandre Dumas nous dépeint D'artagnan portant la canne. Nous lisons, en effet, dans Les Trois Mousquetaires: ![]() "A dix heures sonnant, d'Artagnan quitta M. de Tréville, qui le remercia de ses renseignements, lui recommanda d'avoir toujours à coeur le service du roi et de la reine, et qui rentra dans le salon. Mais, au bas de l'escalier, d'Artagnan se souvint qu'il avait oublié sa canne". ![]() Donc, mise au goût du jour par notre sévère en diable Louis XIII, qui règnera de 1614 à 1643, accompagné de son Ministre homme de Dieu, Richelieu qui n'est pas un plaisantin. La canne à la cour n'est ni exubérante, ni linertine. Place à la rigeur! Cette apparence d'austérité doit toutefois être quelque peu tempérée. En cette première moitié du dix-septième siècle ou débauche rime avec bigoterie, libertinage avec pensée critique, frivolité avec préciosité, où se côtoient pèle-mèle cabinets de curiosités, discours du croyant sur l'incroyant et son inverse, filtres d'amour et sortilèges, le regard sur le plaisir est équivoque et se fait tour à tour sévère, lubrique ou voluptueux, sans même que le mot érotisme nous vienne à l'esprit. De grands portraitistes de ce siècle, se font l'écho de ces ambiguités: Molière, dont le théatre, en particulier le Tartuffe, met ces facettes en relief; La Fontaine, dont les contes dits licencieux, tel "Comment l'esprit vient aux filles", projettent cette même lumière en demi-teinte. Dans la biographie d'Agrippa d'Aubigné [1], nous pouvons lire: "Plus tard, en 1618, il aura la douleur de voir son fils Constant (le père de Mme de Maintenon, née Françoise dAubigné) se convertir au catholicisme puis mener une vie de débauche." Cela nous amène tout droit sur Ninon de Lenclos, belle et célèbre amie de la non moins célèbre Mme de Maintenon. Le très sérieux Cardinal de Richelieu fut aussi le protecteur du théatre et des arts. Il possédait notamment des oeuvres de Rubens, Poussin et le Titien ![]() Les guerres incessantes ont fait disparaître bien des objets. Les témoignages palpables sont fort rares. Ce sont ainsi les écrits et la peinture qui véhiculent les effluves de ce siècle. C'est à Rubens que nous empruntons ce regard, assez chaste sans doute, quoique le sujet soit ici dénudé. ![]() Et à Vermeer cette "boucle d'oreille", un regard beaucoup moins chaste, quoique le sujet soit ici couvert. |
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[1] Site biblioweb |
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