Canne et érotisme

   
 

Symbole de l'autorité

la canne devient présente à la Cour du Roi

Bien avant de pouvoir prétendre à être érotique, la canne fût un objet avec lequel on ne badinait pas.

Catherine de Medicis

Au XVI° siècle, Catherine de Médicis (née à Florence en 1519 +1589), qui l'utilise pour soulager ses vieilles douleurs, introduit la canne à la cour et en fait en même temps un instrument de prestance et d'autorité. En témoigne le Catherine de Médicis de Balzac, qui décrit ainsi Théodore de Beze, écrivain protestant et théologien, né à Vézelay en 1519 et disciple de Calvin:

Théodore de Bese

"Théodore de Beze portait le vêtement d'un courtier, des chaussettes de soie blanches, des chaussures basses à boucle, des hauts-de-chausses serrés, un pourpoint de soie noire à manches lâches, et un court manteau de velours noir, sur lequel reposait une élégante collerette cannelée. Il portait moustache, la barbe taillée à l'impériale; il portait une épée au côté et tenait une canne à la main . Celui qui connaît les galeries de Versailles ou les collections de Odieuvre, connaît également son visage jovial et ses yeux pétillants, surmontés du large front qui caractérise les écrivains et les poètes de nos jours. "

In Catherine de Medicis par Honoré de Balzac (tr. K.P. Wormeley) sur le site WorldWideSchool

Cet extrait d'une reconstitution de la biographie de Nostradamus (due au site "Encyclopedia Hermetica", dirigé par Robert Benazra, Editions Ramkat), relate un épisode lors d'une visite royale en 1564, à Salons de Provence, de Charles IX, fils de Catherine de Medicis et d'Henri II:

" Le cortège se remit alors en route et Michel, sous les regards des Salonnais, marcha à côté du cheval du roi, la tête découverte, avec son bonnet de velours d'une main, et s'appuyant de l'autre sur une canne d'un « gros & très beau jonc marin d'Indie emmanché d'argent ... parce qu'il était quelquefois tourmenté de ceste fâcheuse douleur de pieds que le vulgaire appelle gouttes », conduisit Charles IX au Château, que l'archevêque d'Arles avait mis à la disposition de la Cour."

Ecrites quelques années plus tard, les quelques lignes ci-après pourraient, on le verra, servir de préface à la relation qu'entretiendra plus tard la canne avec l'érotisme. En 1576, Etienne de La Boetie, dans le Discours sur la servitude volontaire, s'exprime ainsi :

"Toujours il a été que cinq ou six ont eu l'oreille du tyran, et s'y sont approchés eux-mêmes, ou bien ont été appelés par lui, pour être les complices de ses cruautés, les compagnons de ses plaisirs, les maquereaux de ses voluptés, et communs aux biens de ses pilleries."

Et quelques pages plus loin:

"Ainsi le satyre indiscret (comme disent les fables anciennes), voyant éclairer le feu trouvé par Prométhée, le trouva si beau qu'il l'alla baiser et se brula; ainsi le papillon qui, espèrant jouir de quelque plaisir, il éprouve l'autre vertu, celle qui brûle, comme dit le poète toscan (1)".




 

(1) : Petrarch, Canzoniere, Sonnet XVII. La Boétie rend avec précision ce sonnet.

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